Blog généraliste, de tout et de rien, dans la droite lignée de quelque chose.
La politique est une chose compliquée. Heureusement, certains hommes sont là pour nous expliquer le pourquoi du comment, et arrivent à le faire de manière assez ludique pour qu'on puisse s'y intéresser.
Le premier plan du clip est un plan large, sur lequel nous pouvons vaguement distinguer la silhouette d'un homme en survet' en coton.
Ca y est, voilà Pierre. Survet' USA, bandeau dans les cheveux, moustaches, tout y est. Ce que Pierre veut nous montrer, c'est bien entendu un homme qui claque des doigts. Tel le métronome de la guerre qui progresse implaquablement, Pierre marque la mesure d'un claquement de doigts rageur, appuyé par une montée du genou: la violence du langage corporel contraste avec le côté chaloupé coupé/décalé de la mélodie, la métaphore filée du contraste chaud/froid se poursuit. Je ne m'attarde pas sur les paroles qui, définitivement, soutiennent l'opposition qu'on ne peut pas être joyeux comme une Bamba, et en même temps Triste comme la tristesse.
Au milieu du clip, Pierre ramasse de la neige. Ce geste à priori anodin est en réalité bien plus que cela. Homme du Monde au tempérament chaud et viril (moustaches + poils, CQFD), en prenant de la neige, Pierre illustre l'impossible union de deux puissances trop opposées pour se compléter: chaleur et vivacité américaine ou froideur russe? Pierre, vestimentairement en tout cas, semble avoir fait son choix.
Pierre redouble d'efforts alors que la chanson bat son plein. Tiraillé entre deux modes de vie, entre le feu et la neige, Pierre a choisi: ce sera l'impérialisme à l'américaine sauce Barbecue plutôt que le Tsarisme-tartare. Position engagée à l'époque, mais Pierre s'en fout: il n'a pas peur des représailles du PCF de George Marchais.
"Attention aux russes les enfants!"
Clou de la démonstration: Pierre se met en maillot de bain noir, car il porte le deuil d'une civilisation en guerre alors qu'on est fait pour s'aimer.