Blog généraliste, de tout et de rien, dans la droite lignée de quelque chose.
Quand on est en vacances, on se fait toujours plaisir. Que ce soit dans un lit, sur un canapé ou dans la rue, tout n'est que ravissement et émerveillement. En vacances, on peut enfin mater les programmes télé qu'on ne regarde d'habitude jamais, en pleine nuit ou pleine journée. Le mot d'ordre des vacances, c'est s'é-co-no-mi-ser, en faire le moins possible: surtout éviter de se fatiguer. On commence généralement par faire des économies de lessive, vu qu'on peut allègrement passer trois jours dans le même jus. Mais c'est pas tout.
La principale occupation du vacancier, au-delà d'en faire le moins possible, est de bouffer le plus possible. Allez savoir, c'est toujours quand on fout rien qu'on s'affame. C'est peut-être une question de disponibilité d'esprit: comme on n'a rien à penser, on se rabat instinctivement sur nos besoins primaires: boire, manger, dormir. Ca doit être pour ça que les accros du régime redoutent les vacances: trop facile de se laisser aller. Au moins quand on bosse, on a des choses à faire. Mais en vacances, on se retrouve plus souvent devant le frigo que d'habitude. C'est comme ça.
D'un côté, heureusement qu'on a les repas pour garder une once de rythme vital. Ben oui, en vacances, les repas sont les seuls repères spatio-temporels qu'il nous reste, puisqu'on se couche quand on veut, se lève quand on veut, se lave quand on peut. Du coup, la plupart du temps, on ne voit pas les vacances passer. On a l'impression de n'avoir rien fait de nos vacances à part bouffer et boire. Ce qui est bien vrai, hélas, c'est la phrase la plus répandue du jour de rentrée: "Pfff, m'en parle pas, j'ai l'impression d'avoir passé quinze jours à me gaver".
En temps de vacances, c'est ma première pensée du matin: "qu'est-ce que je vais bouffer ce soir?". Je m'affame donc toute la journée afin de bien crever la dalle sur les coups de 20h. Mon estomac guide mes pas toute la journée: je me promène jusqu'au primeur, jusqu'au MacDo, jusqu'au Franprix. Quand on ne pense qu'à manger, on a tout de même la tête bien occupée. Il faut bien se creuser la tête pour trouver le truc qu'on aura envie de manger plus que tout après l'apéro, le truc qui se mariera super bien avec le programme télé du soir. En vacances, on transpire la bouffe du lever au coucher, et le pire c'est qu'on s'en régale.
Du coup, on s'échange souvent des idées-repas, entre vacanciers affamés. C'est en parlant bouffe avec d'autres initiés que j'ai découvert lors des vacances dernières cet ilôt de tentation: le burger au foie gras de Quick. Comme par hasard, c'était une "série limitée spéciale vacances", un peu comme s'il y avait un lobby qui s'occupait de gérer nos estomacs pendant les vacances. Bref, Quick a tout compris, et même si le burger ne cassait pas forcément des briques, force est d'admettre que la découverte valait son pesant d'or. Imaginez-vous: un putain de burger avec du putain de foie gras et du putain de confit d'oignons. Un peu comme si maman bossait chez Quick, l'espace d'une semaine "série limitée spéciale vacances".
Rapport de cause à effet: le Franprix est l'endroit où on sort le plus souvent. Ce qui est marrant, c'est de tomber sur des gens qui bossent quand on est à la caisse: on le voit à ce qu'ils achètent.
Comme vous le voyez, de l'huile, du vin et du steack pour moi (et quelques légumes pour le goût). Mais regardez plutôt cette fille, juste devant moi: des Activia, des Krisprolls, du jus de tomate, des produits light à faire réchauffer. Pas de doute: elle bosse, donc pense à sa ligne, donc est au régime. CQFD. D'ailleurs, vous auriez dû voir son regard désolé de working girl... Sérieux, ça fait de la peine, de voir les gens bosser. Finalement. Du coup, on noie son chagrin dans la bouffe, ce soir je mangerai pour elle et pour tous ceux qui bossent.
Putain de cercle vicieux.